Henri Ploquin (1924-2009) : De la terre à la brique.  De la brique aux P.T.T.
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  Table des matières

  1. Les mémoires de ma jeunesse


  2. Les premiers souvenirs de mon enfance


  3. Un autre souvenir de jeunesse


  4. Une aventure à l'âge de huit ans


  5. Un copain d'école


  6. Ma sortie d'école


  7. Mes premières fréquentations avec Simone


  8. Après notre mariage


  9. Ma nouvelle usine


  10. Ma première rencontre avec les P.T.T.


  11. Trois semaines à la Possonnière


  12. Un souvenir de facteur


  13. Histoire ou aventure dans un bureau de poste


  14. Montjean-sur-Loire


  15. Montfaucon-sur-Moine


  16. Rue de la Petite Planque, à Candé


  17. Un lièvre tombé en bonnes mains


  18. Mon départ à la retraite

  19.  
  20. Mot de la fin

  21.  
  22. Dessins originaux accompagnant mon récit

  23.  

Chapitre 17
Un lièvre tombé en bonnes mains


Un certain après-midi, en rentrant de tournée à mobylette, de Montjean à Candé, j'avais tout juste parcouru deux kilomètres sur la route de Champtocé vers Villemoisan, je me suis trouvé surpris par un jeune lièvre, gros comme un lapin, qui me coupe la route à quelques mètres devant moi.  Ce jeune lièvre, un peu brouillon, se lance dans le fossé du côté droit de la route, s'arrête et se cache la tête dans une touffe d'herbe.  Je freine, je m'arrête et je veux essayer de le prendre.  En arrivant sur lui, il fait un bond de deux ou trois mètres et se cache encore la tête.  Je lui saute dessus, le prends tout vivant, et sans lui faire de mal, je le caresse.  Il avait les yeux bleu vert, de grandes oreilles à bout noir.  Je ne voulais pas le tuer.  Il n'y avait pas gros de viande dessus; il était trop jeune.  Je le caresse de nouveau, j'ouvre une sacoche de ma mobylette et je l'emmène à Candé, chez moi.

En arrivant, je dis à ma femme : « Je t'apporte un beau petit lièvre. »

Il faisait presque noir.  Je le rentre dans la cuisine où il s'est promené tout pendant que l'on a mangé.  Ensuite, je n'ai pas voulu tuer mon petit lièvre.  J'ai été dans mon débarras où il y a tous mes outils, je lui ai fait une bague avec une petite plaque que j'ai bien arrondie et je la lui ai mise à la patte gauche arrière pour ne pas le blesser, mais de façon qu'il ne la perde pas.  Je suis ensuite parti tout près de chez moi, dans le milieu du Stade de Candé, j'ai caressé mon jeune lièvre, l'ai embrassé et lui ai rendu la liberté.

Je ne l'ai jamais revu, mais le chasseur qui l'a tué, car il doit bien être mort maintenant, doit bien se demander qui a pu lui mettre cette bague.

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